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Je vois que de nombreuses actions de déboisements auront lieu durant ce projet visant à soutenir la biodiversité. Un peu contradictoire, non ?

Cette question est assez complexe et nous ne vous présentons ici que quelques éléments clefs de manière simplifiée.

Les forêts claires et leur dynamique d’antan

Si la majorité du territoire européen était autrefois peuplé de vastes forêts, il faut être conscient que celles-ci étaient bien plus claires que nos forêt gérées et entretenues d’aujourd’hui. Cela est notamment dû à de nombreux éléments naturels perturbateurs comme la chute d’arbres devenus trop vieux, les grandes tempêtes, les incendies, etc. créant autant de trouées partiellement maintenues ouvertes par les grands herbivores de l’époque (aurochs, bisons,cervidés,...). C’est dans ces puits de lumière apparaissant ça et là de manière dynamique que se concentrait une grande partie des espèces et milieux aujourd'hui menacés. 

Une évolution conjointe et harmonieuse entre l’homme et la nature

Avec l’installation des premiers agriculteurs, l’Homme a commencé à façonner le paysage selon ses besoins, favorisant le développement de milieux ouverts par l’utilisation du bois comme source d’énergie principale et par le déboisement  de terres pour y cultiver ou y faire pâturer les troupeaux. Ainsi, la biodiversité liée aux milieux ouverts des forêt de jadis a pu évoluer et se développer lentement et conjointement aux activités humaines. Ainsi, prairies fleuries, pelouses calcaires, tourbières, landes, vergers, mares agricoles,… sont autant de milieux ouverts façonnés par l’homme dans lesquels une biodiversité d’une grande richesse et tout à fait spécifique a pu se développer. C'est un patrimoine extraodinaire à préserver.

La mécanisation inverse la tendance

Si les pratiques d’antan ont permis à une biodiversité  liée aux milieux ouverts de se développer, l’arrivée de la mécanisation et la course à la productivité ont fortement simplifié ces mosaiques d’une grande richesse. Agrandissement des parcelles, drainage des sols humides, augmentation du nombre et du rythme des fauches et récoltes, engraissement de terres,… sont autant de facteurs qui ont mené à la banalisation des espèces susceptibles de se développer dans nos paysages.

À l’inverse les terrains les plus ingrats et difficiles à mécaniser, jugés non rentables à la production agricole ont été abandonnés et laissés à leur recolonisation spontanée par les arbres et arbustes, voire ont été replantés d’espèces exotique (épicéas, douglas, peupliers,…).  Avec la refermeture de ces milieux d’une grande richesse biologique (pelouses calcaires, tourbières, landes,… ), c’est une grande part de notre biodiversité qui disparait. Ce sont généralement ces milieux abandonnées ou replantés que nous déboisons.

Le choix des sites à déboiser

Le choix des sites à déboiser ne se fait pas de manière aléatoire. Tout d’abord, nous nous assurons que le site pressenti au déboisement permettrait de créer une bonne connexion pour les espèces et les habitats naturels les plus menacés, ciblés par le projet. Ensuite, nous nous assurons du potentiel de restauration de ce milieu, en analysant notamment le passé de ce site. Finalement, nous nous assurons que le milieu forestier actuel ne présente que peu d’enjeux pour les espèces qui y sont présentes. Il en découle que nous ne restaurons en milieux ouverts que des sites anciennement ouverts qui devaient être d'une grande biodiversité et qui ont soit été replantés d’essences exotiques, soit abandonnés et laissés sujets à une recolonisation ligneuse. 

L'expérience parle d'elle-même

Voilà plus de 30 ans maintenant que des projets LIFE s'échelonnent en Wallonie, recourant bien souvent à des déboisements d'envergure pour la restauration de milieux de grande biodiversité. Si le déboisement peut être perçu comme choquant et être vu comme un coup de poing dans le paysage juste après les travaux, il n'en est plus rien après quelques années de revégétalisation. Ces sites déboisés sont devenus des havres de biodiversité riches en couleurs ou bien des gens aiment se balader.

Rendre des terrains aux agriculteurs

Bien des terrains boisés que nous restaurons étaient autrefois gérées par des agriculteurs. En les déboisant et en les remettant aux agriculteurs, nous participons au développement d'une agriculture plus durable et respectueuse de la biodiversité. Bien que la productivité des terrains gérés en réserves naturelle soit moindre, les agriculteurs en retirent des produits qualitatifs.